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vendredi 22 septembre 2017
jeudi 21 septembre 2017
EREB ALTOR "Ulven " (2017)
Ereb Altor est un groupe dont nous nous étions un peu éloignés ces dernières années, la faute à un virage franchement black metal entamé à partir de "Gastrike", aboutissant à un art moins envoûtant et épique et tout simplement plus basique que le doom majestueux grâce auquel le drakkar a pris la mer, ramenant comme trésor de guerre les "By Honour" et "The End" de grandiose mémoire.
C’était toujours très bien fait - avec des membres d’Isole à son bord, comment pouvait-il en être autrement ? - mais la magie des débuts semblait s’être pourtant envolée de ce fruit de l’accouplement entre le Bathory le plus atmosphérique (celui de l’inégalable diptyque "Hammerheart" / "Twilight Of The Gods") et le doom épique, érodé par des vents noirs plus abrupts que galvanisants. D'ailleurs, même l'hommage fait à l'œuvre de Quorton, "Blot – Ilt – Taut", en a alors déçu plus d’un.
S’il serait exagéré de prétendre que les Suédois ne nous intéressaient plus guère, reconnaissons que nous n’attendions rien de particulier de "Ulfven". De fait, quelle ne fut pas notre (excellente) surprise en posant une oreille tout d’abord distraite sur cette sixième épopée ! En sept minutes sur lesquelles s’étire ‘En Synd Svart Som Sot’, qui lance l’écoute après un prélude aux accents traditionnels (‘Völuspa’), la tiédeur de "Fire Meet Ice" et "Nattram" se trouve immédiatement balayée par le souffle du grand nord, rappelant à notre bon souvenir le Ereb Altor le plus mythologique.
Le plus beau surtout, capable de faire jaillir des émotions à fleur de peau, à la manière de la bande-son composée par Daniel Nascimbene pour "Les Vikings" de Richard Fleischer, mariage entre le feu et la glace. Sorcier donnant vie à un monde sombre et héroïque trempé dans le sang et le fer, le groupe enfante là une de ses pièces les plus gigantesques, promue à entrer dans la légende grâce à ses mélodies enivrantes évoquant les forêts boréales et les fjords éternels.
En puisant dans le terreau scandinave, les Suédois renouent avec une inspiration non seulement épique mais surtout fascinante. Ce menu tumultueux est jalonné de montagnes démesurées telles que ‘Ulfven’, ‘Bloodline’ ou ‘Av Blod Är Jag Kommen’ qui se dressent dans toute leur impériale et atmosphérique beauté et vers lesquelles tend forcément notre préférence.
Si le pur black metal en vigueur sur les derniers albums n’a pas pour autant été remisé dans un hangar, s'accrochant au pied de ces reliefs empreints de majesté sous la forme de quelques (rares) saillies furieuses et agressives (‘The Rite Of Kraka’), ces traits tranchants se réduisent généralement à de fugaces oripeaux, comme sur ‘Wolfcurse’ et ‘Gleipnir’ dont il faut attendre la dernière partie pour voir un chant brutal éructer soudainement. Conquérant, Ereb Altor livre avec "Ulfven" une de ses meilleures offrandes car synthèse parfaite entre doom épique et black viking. (Childeric Thor)
vendredi 26 mars 2010
EREB ALTOR "The End" (2010)
Dès que j'ai su que nos compères d'ISOLE, Mats & Ragnar allaient remettre le couvert pour nous offrir une suite à l'excellent "By Honour", mon sang n'a fait qu'un tour... Accueilli comme un album très abouti et finalement comme une excellente surprise, l'album précédent avait quand même heurté certains fans lambda de Bathory, n'hésitant pas à crier au plagiat. Mon point de vue est franchement différent.
Autant j'aime Bathory, autant j'aime aussi que des groupes actuels perpétuent ce style épique qui demande quand même une certaine maestria et Ereb Altor a le mérite de le faire à la perfection et ce n'est pas Napalm Records qui me contredira puisqu'une signature sur ce label apporte forcément plus de moyens dans tous les sens du terme. Alors oui et re-oui, et comme prévu la production de cet album s'avère vraiment excellente et propulse le groupe à un autre niveau même si qualitativement, je n'arriverais pas à départager les deux albums sortis à ce jour.
Même si la pochette aurait pu être plus travaillée, musicalement, j'ai envie de dire aucune surprise... Les compos sont typées Bathory période viking mais cette fois-ci, le rythme est parfois plus Heavy et dynamique même si dans l'ensemble, le doom épique reste la colonne vertébrale artistique de ce groupe. Je ne peux ensuite que conseiller cet album ne fusse que pour les premières compos (intro comprise) qui, épiques à souhait, allient lourdeur et puissance, pour nous emmener dans le grand nord nous plongeant d'emblée dans des atmosphères magnifiques. Tout est là pour nous faire voyager... (Thyl - Noz Pagan)
samedi 9 août 2008
EREB ALTOR "By Honour" (2008)
Bien que Quorthon soit mort en 2004, son navire continue pourtant d’être emprunté par d’autres et de fendre les fjords séculaires du Grand Nord. Mieux, on ne compte plus les groupes qui revendiquent son héritage aussi bien musical que spirituel. Cette aura, flatteuse et certainement un peu surfaite, Bathory la doit beaucoup à son diptyque viking, Hammerheart et Twilight Of The Gods qui, on en prend que réellement la pleine mesure aujourd’hui, a tant influencé la scène metal alors que bien peu saluèrent ces opus lors de leur sortie respective en 1989 et 1991. Si certains ne leur rendent hommage qu’au détour d’un titre ou deux (comme Abbath avec le Between Two Worlds de I par exemple), d’autres vont jusqu’à bâtir une carrière sur cet amour pour l’œuvre du Patriarche défunt,... à l'instar d'Ereb Altor.
Actif depuis 1990, ce qui n’est en réalité qu’un duo était resté jusqu’alors puceau de toute coulée, à part une démo, Awakening en 2003 qui servit de préparatifs à la première véritable sortie de son drakkar. By Honour possède deux qualités et un défaut. Commençons par les qualités. La première réside dans sa capacité à faire revivre les vibrations épiques qui avaient balayé les deux œuvres majeures de Bathory. On s’y croirait, depuis la voix de Ragnar (clin d’œil au référentiel film de Richard Fleischer, Les Vikings justement ?) qui retrouve les intonations hésitantes de Quorton, en mieux toutefois, celui-ci n’ayant jamais été un grand chanteur jusqu’à cette faculté à sculpter des paysages grandioses et enivrants traversés par le souffle nordique. Jamais peut-être un groupe n’a été aussi proche de Twilight Of The Gods aussi bien dans l’esprit que dans la lettre. Mais c’est aussi, forcément, le plus gros défaut d’Ereb Altor : la ressemblance finit presque par être gênante tant celle-ci se révèle réussie. Et en corollaire, une question : où s’arrête l’hommage et où débute le copiage éhonté ? Heureusement, les Suédois sont forts d’une seconde qualité, celle d’injecter à leur musique des influences doom qui ne surprendront pas lorsque l’on sait que derrière le pseudonyme de Ragnar se planque en fait Daniel Bryntse, à l’œuvre aussi dans Isole, un des plus fiers prophètes de cette chapelle dont on retrouve la mélancolie plombée (l’intro déchirante, tout au piano, “ Perennial ”, ainsi que l’instrumental final, le tout aussi superbe et poignant “ Ereb Altor ”).
De fait, By Honour marie à merveille imagerie runique, thèmes épiques, tristesse diffuse et lancinance des profondeurs. Le meilleur exemple reste le majestueux “ Dark Nymph ”. car plus personnel, en comparaison des néanmoins gigantesques et envoûtants “ Awakening ”, “ By Honour ” et surtout “ Wizard ” qui, du haut de ses dix minutes au compteur, sent bon les fjords et les forêts éternelles et donne envie de s’en aller guerroyer sur son drakkar, la hache à la main avant de revenir honorer sa dulcinée avec passion et fureur. Hail ! On n’est pas passé loin du chef-d’œuvre absolu, digne en tout cas de la référence qui a guidé sa création. (Par Childeric Thor - Noz Pagan).
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