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mercredi 12 juillet 2017
lundi 10 juillet 2017
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT - "Metanoia" (2017)
Cela fait douze ans déjà que Agnes Toth et Mihaly Szabo nous enchantent
avec leurs rêveries ténébreuses et acoustiques, boisées et folkloriques.
Combien ont-il eu raison de s'aventurer sur cette sente crépusculaire
après le sabordage de Even Song dont le Gothic Metal quoique plaisant
convenait moins à leurs talents conjugués de chanteuse et violoniste
(pour elle), de guitariste et percussionniste (pour lui). Avec The Moon
And The Nightspirit, ils ont su façonner leur identité qui doit autant à
cette musique nocturne qu'à ces visuels poétiques teintés d'étrangeté,
réalisés par la vocaliste elle-même.
Après un "Mohalepte" (2011) qui n'apportait pas grand-chose, "Holdrejtek" a su trois ans plus tard nous dévoiler un couple plus inspiré que jamais, désormais hébergé par Prophecy, label idéal pour accueillir ces offrandes si personnelles. Fixée depuis "Of Dreams Forgotten And Fables Untold", la signature du groupe demeure inchangée. Les fidèles ne seront donc ni déstabilisés ni déçus par ce nouvel - et sixième - opus qui continue de creuser ce sillon mélancolique à travers ces forêts peuplées de légendes. S'il n'est bien entendu pas nécessaire d'en avoir parcouru les paysages verdoyants pour se laisser séduire par les ritournelles désenchantées de nos deux troubadours, le fait est que leur art demeure profondément enraciné dans la terre hongroise dont les amoureux de ce pays retrouveront cette atmosphère unique et finalement indescriptible qui tient autant à un humus obscur qu'à une imagerie mystérieuse, presque hors du temps. Tel est ainsi "Metanoia" qui nous convie à une déambulation médiévale parée d'enluminures orientales. Le duo a certes vieilli, comme en témoignent les cheveux blancs qui colorent la crinière de Mihaly, mais il n'a rien perdu de son fascinant pouvoir d'évocation, capable d'entraîner loin le pèlerin, dans une époque reculée et fantasmée.
Dès 'A Hajnal
Köszöntése', la magie opère, distillée par ces notes de violon osseuses
et cette voix féminine fragile qui semble vouloir se briser, plumes
d'une musique écrite à l'encre noire du désespoir. L'ombre tissée par la
flûte de la belle ('Kilenc Hid') ainsi que ses mélopées participent
d'un rituel chamanique dont le pouls vibre d'une puissance sourde. S'il
accompagne parfois au chant sa muse mais toujours de manière discrète
('Mysterion Mega'), Szabo enrichit cette partition d'une dimension
percussive et hypnotique, à l'image des obsédants 'A Fény Diadala' et
'Az Elsö Tünder Megidézése'. Drapé dans des arrangements extrêmement
travaillés, "Metanoia" égrène huit compositions aux allures de pièces
d'orfèvre en un ensemble sombrement enchanteur auquel il paraît bien
difficile de résister, danse tribale qui brille d'un éclat lunaire. (Childeric Thor)
vendredi 24 octobre 2014
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Holdejtek" (2014)
Né des cendres de Even Song
au sein duquel jouaient Mihaly Szabo et Agnes Toth, c'est en 2005 et le
séminal "Of Dreams Forgotten And Fables Untold"que nous avons découvert
The Moon And The Nightspirit, duo précieux alors signé
chez Equilibrium Music qui imposait déjà un style extrêmement
personnel, mêlant folklore hongrois, musique sombre et instruments
acoustiques, le tout teinté d'une poésie forestière et emmené par un
chant féminin ensorcelant.
Deux autres offrandes d'une égale réussite plus tard, le groupe se fait ensuite malheureusement plus discret, privé du soutien de son label historique. Moins surprenant, "Mohalepte" déçoit alors quelque peu, quand bien même la maîtrise de ses auteurs n'est plus à prouver. Après une période de silence anormalement longue, The Moon And The Nightspirit revient émerveiller nos platines avec une cinquième hostie. Fort de l'appui de Prophecy Productions avec lequel il était de toute façon écrit que les Hongrois collaboreraient, ce retour se fait donc sous d'excellents auspices. Inutile de tourner autour du pot plus longtemps, "Holdrejtek" s'impose comme un des plus beaux albums enfantés par le couple qui, s'il reste fidèle à une écriture dont il ne se départira sans doute jamais, a mis à profit cette période d'abstinence prolongée pour se ressourcer.
Passé un prologue instrumental, 'Upon The Whirling Welkin' sonne comme une invite irrésistible à suivre ces ménestrels le long d'une sente sinueuse au fond d'une forêt peuplée d'arbres étranges, d'ombres mystérieuses, ce qu'illustrent admirablement les dessins décorant le livret réalisés par la jeune femme. Nos deux musiciens sont les conteurs d'histoires d'autrefois, de légendes ancestrales. Leur art, sombre et percutant ('On The Altar Of Blooming Buds') est ancré dans cet humus hongrois si particulier. Violon boisé, percussions obscures et cette voix que teinte un désespoir crépusculaire se mêlent en une sarabande mystique.
Car, en dépit de ses apparats folkloriques, cette partition se conjugue toujours à des ambiances nocturnes, invitant à une danse tribale d'une belle puissance d'envoûtement ('Wanderer'). Une tristesse profonde ourle ces complaintes, à l'image du court 'Lunar Sanctuary', ainsi qu'une noirceur pastorale, autant de poèmes de la nuit qui justifie que ses auteurs aient pu partager par le passé dans le cadre de festivals l'affiche avec des groupes de Black Metal. Ce qui peut paraitre surprenant sinon déplacé n'étonne finalement pas tant que cela tant l'art des Hongrois vibre d'une mélancolie ténébreuse. "Holdrejtek" réunit toutes les qualités pour faire de lui une des plus belles offrandes de The Moon And Nightspirit, au style inimitable et plus inspiré que jamais. (Childeric Thor)
Deux autres offrandes d'une égale réussite plus tard, le groupe se fait ensuite malheureusement plus discret, privé du soutien de son label historique. Moins surprenant, "Mohalepte" déçoit alors quelque peu, quand bien même la maîtrise de ses auteurs n'est plus à prouver. Après une période de silence anormalement longue, The Moon And The Nightspirit revient émerveiller nos platines avec une cinquième hostie. Fort de l'appui de Prophecy Productions avec lequel il était de toute façon écrit que les Hongrois collaboreraient, ce retour se fait donc sous d'excellents auspices. Inutile de tourner autour du pot plus longtemps, "Holdrejtek" s'impose comme un des plus beaux albums enfantés par le couple qui, s'il reste fidèle à une écriture dont il ne se départira sans doute jamais, a mis à profit cette période d'abstinence prolongée pour se ressourcer.
Passé un prologue instrumental, 'Upon The Whirling Welkin' sonne comme une invite irrésistible à suivre ces ménestrels le long d'une sente sinueuse au fond d'une forêt peuplée d'arbres étranges, d'ombres mystérieuses, ce qu'illustrent admirablement les dessins décorant le livret réalisés par la jeune femme. Nos deux musiciens sont les conteurs d'histoires d'autrefois, de légendes ancestrales. Leur art, sombre et percutant ('On The Altar Of Blooming Buds') est ancré dans cet humus hongrois si particulier. Violon boisé, percussions obscures et cette voix que teinte un désespoir crépusculaire se mêlent en une sarabande mystique.
Car, en dépit de ses apparats folkloriques, cette partition se conjugue toujours à des ambiances nocturnes, invitant à une danse tribale d'une belle puissance d'envoûtement ('Wanderer'). Une tristesse profonde ourle ces complaintes, à l'image du court 'Lunar Sanctuary', ainsi qu'une noirceur pastorale, autant de poèmes de la nuit qui justifie que ses auteurs aient pu partager par le passé dans le cadre de festivals l'affiche avec des groupes de Black Metal. Ce qui peut paraitre surprenant sinon déplacé n'étonne finalement pas tant que cela tant l'art des Hongrois vibre d'une mélancolie ténébreuse. "Holdrejtek" réunit toutes les qualités pour faire de lui une des plus belles offrandes de The Moon And Nightspirit, au style inimitable et plus inspiré que jamais. (Childeric Thor)
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