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dimanche 11 novembre 2012
mardi 8 décembre 2009
DRUDKH "Microcosmos" (2009)
Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se repètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mysérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueillait tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu.
Car Drudk fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n'a rien compris. Heureusement, Drudkh n'a pas changé et Microcosmos porte sa signature, à savoir ce black metal atmosphérique et mélancolique dont le combustible réside dans le terreau païen national (iste ?).
Encadrés par une intro et une outro folkloriques, quatre très longs périples en constituent le coeur. Ceux-ci sont tout d'abord un peu décevants. Ils semblent manquer de puissance tandis que les ouvertures instrumentales qui les percent dans le plus pur style du groupe, donnent l'impression d'être maladroites presque téléphonées, plus collées au reste que véritablement intégrées.
On sent que Saenko cherche timidement à renouveller sa palette, comme en témoignent les dernières minutes de "Distant Cries Of Crane", très bon morceau au demeurant, mais cette tentative se solde par un résultat mitigé. Toutefois, cet album - le septième déjà, sans compter le EP Anti-Urban - ne dévoile en fait son âme que progressivement. Les écoutes aidant, on le trouve bientôt supérieur à son prédécesseur, Estrangement, quand bien même il s'aventure dans des méandres identiques.
Surtout, il est émaillé par deux chefs-d'oeuvre absolus qui justifient à eux seuls son acquisition. "Decadence", pour commencer, qui débute par une très longue introduction d'où ruissèle un désespoir inexorable, au point de croire qu'il s'agit d'une plainte instrumentale. Il n'en est pourtant rien et le chant finit par surgir à mi-parcours, ouvrant la porte sur des étendues épiques et sauvages comme les Ukrainiens les affectionnent. "Everything Unsaid Before" ensuite lequel, s'enracine dans un socle tortueux. Après un début pied au plancher chargé de fulgurences, le titre marque une pause brutale, empreinte d'un désenchantement profond qu'égrenent des guitares engluées dans la tristesse, colonne vertébrale le long de laquelle la trame se délie jusqu'à un final beau à en pleurer.
Encore un très grand album en définitive de la part d'un groupe dont on a malgré tout l'impression qu'il ne parviendra jamais totalement à renouer avec la triste beauté et les sombres atmosphères de Forgotten Legends, oeuvre qui se drapait dans une aura tout autre que Estrangement ou Microcosmos. Drudkh donne l'impression de rester prisonnier d'une recette même si l'on sent par instant une volonté réelle de s'en extraire. Ceci dit, il sait encore nous toucher. Mais pour combien de temps ? (Childeric Thor - Noz Pagan)
mercredi 8 novembre 2006
DRUDKH "Songs of Griefs and solitude" (2006)
Peu à peu, pierre par pierre, ces mystérieux Ukrainiens érigent un monument à la gloire de l’art Noir, que ce soit avec Hate Forest (le plus brutal), Drudkh (le plus mélancolique) ou Dark Ages (le plus ambiant).
Patriotiques, les offrandes du second se font le chantre d’un black metal burzumien, lancinant et sinistre. Après les immortels Forgotten Legends, Autumn Aurora, The Swan Road et Blood In Ours Wells, le groupe a décidé de s’octroyer une pause avec Songs Of Grief And Solitude, essai acoustique et entièrement instrumental, qui puise plus que jamais sa source d’inspiration dans le folklore ukrainien.
Certains gauchistes et bien-pensants y verront bien entendu une apologie camouflée du nationalisme alors qu’il s’agit davantage d’un hommage à un pays, à un peuple et à un environnement naturel. Point de Black Metal ou d’accélérations furieuses ici mais une musique plus posée qui a quelque chose d’une promenade dans des temps anciens et immuables. Les instruments traditionnels (guitare sèche, flûte…) sont les guides qui nous emportent dans ce tourbillon comme venu du passé. Jamais sans doute non plus Drudkh n’a suinté une telle tristesse, qui confine au recueillement. Il suffit d’écouter le somptueux “ Tears Of Gods ” et plus encore “ The Milky Way ”, longues pièces obsédantes, belles comme un chat qui dort, pour s’en convaincre. Sombres et désanchantées, ces complaintes semblent porter tout le fardeau, tous les regrets d’un peuple que l’histoire n’a eu de cesse d’écarteler.
Songs Of Grief And Solitude, qui porte bien son nom, est une œuvre deséspérée et contemplative que seule sa durée un peu courte – à peine plus de trente minutes – empêche d’atteindre la stature de chef-d’œuvre qu’elle aurait méritée sinon. En l’état, c’est un très bel album porté par les même accents folkoriques et par une même beauté pastorale que les derniers Empyrium ou le Kveldsfanger d’Ulver, rehaussé de ces couleurs d’Europe de l’Est forcément différentes des ambiances vikings ou germaniques affichées par ses aînés, comme l’illustre “ The Cranes Will Never Return Here ” et “ Grey-Haired Steppe ”, plaintes terminales qui ferment l’écoute sur une note pleine d’amertume. (Par Childeric Thor - Noz Pagan).
Patriotiques, les offrandes du second se font le chantre d’un black metal burzumien, lancinant et sinistre. Après les immortels Forgotten Legends, Autumn Aurora, The Swan Road et Blood In Ours Wells, le groupe a décidé de s’octroyer une pause avec Songs Of Grief And Solitude, essai acoustique et entièrement instrumental, qui puise plus que jamais sa source d’inspiration dans le folklore ukrainien.
Certains gauchistes et bien-pensants y verront bien entendu une apologie camouflée du nationalisme alors qu’il s’agit davantage d’un hommage à un pays, à un peuple et à un environnement naturel. Point de Black Metal ou d’accélérations furieuses ici mais une musique plus posée qui a quelque chose d’une promenade dans des temps anciens et immuables. Les instruments traditionnels (guitare sèche, flûte…) sont les guides qui nous emportent dans ce tourbillon comme venu du passé. Jamais sans doute non plus Drudkh n’a suinté une telle tristesse, qui confine au recueillement. Il suffit d’écouter le somptueux “ Tears Of Gods ” et plus encore “ The Milky Way ”, longues pièces obsédantes, belles comme un chat qui dort, pour s’en convaincre. Sombres et désanchantées, ces complaintes semblent porter tout le fardeau, tous les regrets d’un peuple que l’histoire n’a eu de cesse d’écarteler.
Songs Of Grief And Solitude, qui porte bien son nom, est une œuvre deséspérée et contemplative que seule sa durée un peu courte – à peine plus de trente minutes – empêche d’atteindre la stature de chef-d’œuvre qu’elle aurait méritée sinon. En l’état, c’est un très bel album porté par les même accents folkoriques et par une même beauté pastorale que les derniers Empyrium ou le Kveldsfanger d’Ulver, rehaussé de ces couleurs d’Europe de l’Est forcément différentes des ambiances vikings ou germaniques affichées par ses aînés, comme l’illustre “ The Cranes Will Never Return Here ” et “ Grey-Haired Steppe ”, plaintes terminales qui ferment l’écoute sur une note pleine d’amertume. (Par Childeric Thor - Noz Pagan).
mercredi 1 mars 2006
DRUDKH "Blood In Our Wells" (2006)
Depuis la sortie de Forgotten Legends en 2003, Drudkh a tenu un rythme plutôt soutenu. Ils sortaient un nouvel album par an jusqu'à ce nouvel opus, Blood is Our Wells. Car si vous ne le saviez pas, Blood is Our Wells est paru au cours de l'année 2006 et durant la même année, les Ukrainiens nous ont également offert Songs Of Grief & Solitude. Il paraît même qu'ils vont bientôt en sortir un nouveau...
En voyant la discographie de Drudkh s'allonger si rapidement, on en vient à se demander comment ils font pour nous pondre de si bons albums en si peu de temps... Si on le compare aux précédents albums, Blood in Our Wells serait une sorte de cocktail mêlant différents éléments de la discographie du groupe. A l'instar de ses prédécesseurs, cette nouvelle galette nous sert derechef ces mêmes riffs mélancoliques, larmoyants, derrière lesquels parfois se cache comme un aspect triomphant ("Eternity").
Par contre, à l'opposé des deux premiers opus qui s'avéraient plutôt monotones, ici les ambiances, les riffs et les changements de rythmes fluctuent énormément et l'on est par moment confronté à des accélérations qui rappelleront plutôt Swan Road ("Eternity", "When the Flame Turns to Ashes"). Cependant, certains aspects de Drudkh conservent leur monotonie, comme par exemple le chant, plaintif, lancinant et bouleversant, qui est resté fidèle à lui-même. Globalement, le style est à la fois brut et dépouillé, la splendeur mélodique des morceaux émerge de la musique chaotique et viscérale.
Drudkh ne recherche pas la technicité, pourtant, les quelques soli de guitare pas déplaisants au demeurant montrent que nos Ukrainiens savent jouer. Quelques arpèges de guitare acoustique viendront se greffer ici et là à la musique, renforçant le côté épique, atmosphérique et émouvant. Différents samples introduisant les morceaux viennent accentuer la part atmosphérique de la musique et mettent à l'honneur l'héritage ukrainien.
Par conséquent, Blood in Our Wells est un album subtil, dont les morceaux constituent une sorte de cheminement, un voyage à travers les terre d'Ukraine. On reconnaît là le côté difficile d'accès des groupes de l'Europe orientale, mais après s'être véritablement immergé dans ce petit chef-d'oeuvre, on se rend compte que chaque morceau est une perle. De l'avis général, Blood in Our Wells gravit un échelon supérieur et marque l'apogée du groupe. Les premiers temps, je n'étais pas de cet avis mais finalement, je dois reconnaître que ce disque surpasse légèrement ses prédécesseurs. Jusqu'ici, Drudkh régnait parmi les groupes de BM ukrainiens les plus écoutés.
En l'espace de cinq ans, Drudkh est parvenu à se hisser au panthéon des meilleurs groupes de BM slaves et on ne peut que les en féliciter. Il ne me reste plus qu'à m'acheter rapidement Songs Of Grief & Solitude avant que le groupe ne sorte une avalanche de nouveaux albums. (Par Brünnhilde)
mardi 1 mars 2005
DRUDKH "The Swan Road" (2005)

Une année seulement après la sortie de Autumn Aurora, les Ukrainiens de Drudkh nous livrent Лебединий Шлях / The Swan Road, un nouvel album tant attendu... Cet album fait partie de ces quelques disques qui sont sortis en 2005 et qu'il fallait absolument que j'écoute. Ça ne fait que peu de temps que je me le suis enfin acheté et je dois dire qu'il est surprenant.
D'entrée, on remarque l'artwork du disque qui se révèle toujours aussi resplendissant. Ceux qui, comme moi, avaient fortement apprécié les deux albums précédents, à savoir Forgotten Legends et Autumn Aurora, risquent d'être choqués à l'écoute de ce nouveau full-lenght, tant le style y est différent, voire contraire à ces deux derniers. Certains parlent d'une évolution, mais est-ce que l'on peut réellement parler d'évolution ici ? En tout cas, il est clair qu'il y a de gros changements ici.
Avec ce nouvel opus, Drudkh n'évolue pas, mais de tout évident, il a pris un chemin tout à fait différent. Si les deux prédécesseurs de The Swan Road ont pu paraître lents, profonds et monotones, celui-ci ne peut que paraître comme plus brutal, efficace et laconique... Mais le groupe a conservé les différentes facettes qui caractérisaient le groupe - tragique, atmosphérique, naturel, païen... En dépit du fait qu'on les perçoit d'une autre manière. Le folklore ukrainien est très présent sur ce nouvel opus. On le retrouve aussi bien dans l'intérieur du livret que dans le morceau typiquement slave qui boucle l'album. Il dégage une aura particulière qui n'est pas sans me déplaire... Sur The Swan Road, le son de Drudkh est devenu beaucoup plus raw, beaucoup plus cru. Le chant, auparavant profond et pénétrant, sonne autrement sur cet album, dans la mesure où il est un poil plus brutal et haineux que languissant. Il me rappelle parfois celui de Varggoth et même celui de Lutomysl... Enfin bref, une chose est sûre, c'est que l'on a affaire à un chant puissant. Le rythme lent qui régnait en maître dans les deux précédents opus de Drudkh est ici plus rapide, la batterie blaste pas mal. Par conséquent, ça donne un aspect différent à la musique...
Les superbes parties Folk à la guitare sont toujours présentes, épiques ou nostalgiques, et font que l'on se laisse plus facilement entraîner dans l'univers différent désormais de Drudkh. Le style de Drudkh a donc bien changé, c'est un Black Metal pur et traditionnel qu'ils nous déversent dans ce The Swan Road. Ceux qui n'ont pas eu la chance d'entendre les premiers albums de Drudkh accrocheront sans problème le nouveau Drudkh... En revanche, concernant les autres, il faudra alors persévérer, réécouter le disque plusieurs fois. C'est suite à quelques écoutes que l'on se rend compte des qualités de cet album. (Par Brünnhilde)
dimanche 13 juillet 2003
DRUDKH "Forgotten Legends" (2003)
Voici un groupe à découvrir si ce n’est déjà fait, pour tous ceux qui aiment SHINING, ABYSSIC HATE et consorts même si DRUDKH possède déjà un son qui lui est propre. Ce groupe ukrainien, qui signifie « Forêt » en sanscrit, n’est pas sorti comme ça, d’une boîte de Pandore, mais est un bien un projet de Roman Saenko (Hate Forest) & Yuriy Sinitsky (Lucifugum) et pour ne rien vous cacher, je préfère nettement ce side-projet à leurs groupes respectifs.
Ne cherchez donc pas un clone de MARDUK, vous seriez évidemment déçus. DRUDKH cherche avant tout à créer à travers son Black Metal une ambiance dont à la longue on en vient à oublier qu’elle est à base de guitares, le drone dans toute sa splendeur diront certains. Parce qu’encore une fois, c’est un groupe qui nous propose des riffs lancinants et émotionnels, quasi hypnotiques, avec pour finalité de marquer les esprits sans pour autant être complexes et c’est là que réside la différence avec les nombreux groupes qui s’essaient à cette voie sans pour autant être transcendants. Cette apparente simplicité est d’une richesse, d’une intensité rare, si bien qu’on en vient à oublier le temps et l’espace à l’écoute des trois premières compos (la quatrième et dernière est une outro), avec pour finalité un côté mystique si recherché dans notre monde ayant perdu le sens du sacré.
Influencé par les paysages ruraux de l’ex-union soviétique, mais aussi par la mythologie slave, ce groupe vous fera revivre des émotions liées à un passé certes pas si loin que ça mais assez pour en éprouver un sentiment nostalgique bien palpable. Même si certaines longueurs auraient pu être évitées (2 titres vont au-delà des 10 minutes), « Forgotten Legends » est une petite perle du Raw Black Metal qui ravira les fans du genre mais qui demandera à l’auditeur lambda un effort d’attention pour en espérer capter l’essence et peut-être entrer définitivement dans cet album. (Thyl - Noz Pagan)
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