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mardi 1 août 2017
vendredi 21 juillet 2017
VINTERSORG "Till Fjälls, Del II" (2017)
Offrir
une suite à un album devenu au fil du temps une pierre angulaire de sa
discographie n'est jamais chose aisée. Grand est alors le risque de
décevoir et plus encore lorsqu'une vingtaine d'années séparent les deux
segments, comme c'est le cas de "Till Fjälls" que Vintersorg a décidé aujourd'hui de compléter par un second chapitre.
Si, eu égard à la constante exigence qui caractérise le Suédois, la
qualité ne peut qu'être au rendez-vous, force est reconnaître que cette
décision n'était pourtant pas pour nous rassurer totalement car ce genre
d'entreprise cache souvent une panne d'inspiration sinon la volonté de
capitaliser à moindre frais sur un succès qu'il est tentant de chercher à
reproduire. Le fait que la musique du groupe a considérablement évolué
depuis ses débuts, se montrant de plus en plus alambiquée, ne facilitait
qui plus est pas ce retour aux sources.
Gravé en 1998, "Till Fjälls" évoque toujours beaucoup de souvenirs chez tous ceux qui ont vécu l'explosion commerciale du metal extrême dans la seconde moitié des années 90. Bref, nous craignions que vouloir capter à nouveau cette atmosphère très particulière où l'insouciance se mêlait à une forme de majesté mythologique se solde par un échec artistique même relatif. C'était sans compter sur l'inoxydable talent de Vintersorg, l'homme, qui n'a pas pour habitude de se compromettre dans des projets d'une valeur douteuse. S'il ne renoue pas tout fait avec la simplicité qui l'animait lors de ce premier rot, ce dont témoignent autant la durée pantagruélique de l'épopée, longue de 75 minutes réparties sur deux CD, que son ampleur sonore et instrumentale loin des balbutiements techniques d'autrefois qui participaient néanmoins de ce charme artisanal mais pas bricolé, le groupe réussit pourtant à se rapprocher du style qui était le sien il y a vingt ans, plus dépouillé et abrasif bien que toujours très mélodique et puisant son inspiration dans un humus folklorique ténébreux. A la fois foisonnant et limpide, direct et solennel, "Till Fjälls, Del II" mérite cependant nombre d'écoutes pour en goûter toute la richesse qui jaillit peu à peu en une coulée flamboyante qui emporte tout sur son passage. Mettant de côté ses velléités progressives, Andreas Hedlund met l'accent sur les atours les plus tranchants de son art même s'il alterne toujours avec brio les growls furieux et les geysers lumineux que sa voix claire enivrante, qui procure toujours de délicieux frissons, perce dans la roche de ces fjords gigantesques qui se dressent avec puissance dans une nuit glaciale et enflammée.
Colorés de pigments acoustiques ('Obygdens Pionjär' dont les arpèges sont beaux comme un chat qui dort) et envoûtés par des chœurs vikings ('Lavin), ces titres cavalent à travers des reliefs grandioses aussi abrupts qu'épiques. Certains sont même les plus black que les Suédois aient enfantés depuis longtemps, à l'image de 'Fjällets Mäktiga Mur', qui gronde d'une force volcanique. Mais, vibrant d'une ambivalence rageuse, tous reposent sur l'équilibre entre traits granitiques et ambiances galvanisantes, entre ténèbres et clarté. Creusées par les sillons solaires de guitares entêtantes, ces compos brillent de mille feux, torrents charriant des mélodies majestueuses qui tissent dans l'imaginaire de fascinantes images gelées par le souffle du Grand Nord.
Trop longue peut-être, il n'en demeure pas moins que cette suite se hisse à la hauteur de son aînée grâce aux nombreux hymnes ('Jökelväktaren', 'En Väldig Isvidds Karga Dräkt'...) qui parsèment son riche menu, faisant d'elle une des meilleures offrandes de Vintersorg, le groupe aussi bien que l'homme, même si "Cosmic Genesis" restera à jamais le Valhalla de sa carrière. D'une emphase épique, "Till Fjälls, Del II" allie à la fois la simplicité de son devancier et la puissance technique des derniers albums. (Childeric Thor)
Gravé en 1998, "Till Fjälls" évoque toujours beaucoup de souvenirs chez tous ceux qui ont vécu l'explosion commerciale du metal extrême dans la seconde moitié des années 90. Bref, nous craignions que vouloir capter à nouveau cette atmosphère très particulière où l'insouciance se mêlait à une forme de majesté mythologique se solde par un échec artistique même relatif. C'était sans compter sur l'inoxydable talent de Vintersorg, l'homme, qui n'a pas pour habitude de se compromettre dans des projets d'une valeur douteuse. S'il ne renoue pas tout fait avec la simplicité qui l'animait lors de ce premier rot, ce dont témoignent autant la durée pantagruélique de l'épopée, longue de 75 minutes réparties sur deux CD, que son ampleur sonore et instrumentale loin des balbutiements techniques d'autrefois qui participaient néanmoins de ce charme artisanal mais pas bricolé, le groupe réussit pourtant à se rapprocher du style qui était le sien il y a vingt ans, plus dépouillé et abrasif bien que toujours très mélodique et puisant son inspiration dans un humus folklorique ténébreux. A la fois foisonnant et limpide, direct et solennel, "Till Fjälls, Del II" mérite cependant nombre d'écoutes pour en goûter toute la richesse qui jaillit peu à peu en une coulée flamboyante qui emporte tout sur son passage. Mettant de côté ses velléités progressives, Andreas Hedlund met l'accent sur les atours les plus tranchants de son art même s'il alterne toujours avec brio les growls furieux et les geysers lumineux que sa voix claire enivrante, qui procure toujours de délicieux frissons, perce dans la roche de ces fjords gigantesques qui se dressent avec puissance dans une nuit glaciale et enflammée.
Colorés de pigments acoustiques ('Obygdens Pionjär' dont les arpèges sont beaux comme un chat qui dort) et envoûtés par des chœurs vikings ('Lavin), ces titres cavalent à travers des reliefs grandioses aussi abrupts qu'épiques. Certains sont même les plus black que les Suédois aient enfantés depuis longtemps, à l'image de 'Fjällets Mäktiga Mur', qui gronde d'une force volcanique. Mais, vibrant d'une ambivalence rageuse, tous reposent sur l'équilibre entre traits granitiques et ambiances galvanisantes, entre ténèbres et clarté. Creusées par les sillons solaires de guitares entêtantes, ces compos brillent de mille feux, torrents charriant des mélodies majestueuses qui tissent dans l'imaginaire de fascinantes images gelées par le souffle du Grand Nord.
Trop longue peut-être, il n'en demeure pas moins que cette suite se hisse à la hauteur de son aînée grâce aux nombreux hymnes ('Jökelväktaren', 'En Väldig Isvidds Karga Dräkt'...) qui parsèment son riche menu, faisant d'elle une des meilleures offrandes de Vintersorg, le groupe aussi bien que l'homme, même si "Cosmic Genesis" restera à jamais le Valhalla de sa carrière. D'une emphase épique, "Till Fjälls, Del II" allie à la fois la simplicité de son devancier et la puissance technique des derniers albums. (Childeric Thor)
dimanche 7 mars 2004
VINTERSORG - Interview (mars 2004)
"The Focusing Blur", le
nouvel album de Vintersorg, est sans conteste le meilleur que le groupe a sorti
avec "Ödemarken Son". Proposant une musique complexe, avant-gardiste
et originale, ce duo suèdois est devenu en l'espace de quelques disques une des
formations les plus intéressantes de la scène Metal. Vintersorg, leader du
combo, a bien voulu répondre à nos questions. Bonne lecture!
2 ans après la sortie de
"Visions From The Spiral Generator", que penses-tu de cet album?
Quels sont tes principales satisfactions et regrets?
Et bien, c'est très agréable de
voir que nous avons juste suivi notre propre vision. Je veux dire que nous avons
osé aller vers l'inconnu, si on peut parler ainsi. Cet album était un peu
nouveau même si l'on sent qu'il est la suite naturelle de son prédécesseur.
J'ai le sentiment que nous avons fait un album qui était un vrai challenge au
départ pour nous deux et c'est extraordinaire dans bien des aspects. Il possède
quelques parties très complexes pas évidentes au premier abord et Steve et
Asgeir furent bien sûr en partie responsables de ce scénario. Il y a
probablement des choses qui auraient pu être différentes, mais je continue
d'aimer cet album pour de multiples raisons. Il a aussi une sorte d'aura « astrale »,
à mon avis. Et il traite de sujets relatifs à la vie physique et métaphysique
de l'homme.
Votre nouvel album, "The Focusing Blur", est construit sur les mêmes bases musicales que "Visions From The Spiral Generator" mais on peut noter une approche plus progressive des vocaux et une plus grande utilisation des guitares acoustiques, ainsi que la réintroduction de quelques éléments folks dans les chansons? Comment as-tu composer cet album? Quel était ton état d'esprit pendant le processus d'écriture?
Je ne réfléchis jamais vraiment
de la façon dont l'album doit être et de la direction que je dois suivre
lorsque j'écris les paroles et la musique... c'est juste un processus naturel
qui vient petit bout par petit bout. Je sais qu'il est important que toutes les
chansons soient en harmonie et qu'elles s'intègrent toutes au concept, car il
s'agit d'un concept album. Bien sûr il y a quelques compos un peu à part, mais
dans tous les cas elles doivent pouvoir faire partie du concept général et il
doit y avoir des liens entre les chansons. Je suis juste mon instinct et ma
propre inspiration lorsque je compose, sans suivre aucune formule ou stratégie,
je suis juste mon cœur et je laisse les choses venir ainsi. Et l'album devient
ce qu'il doit être...
Les paroles de "The focusing
Blur" semblent former un concept autour du surnaturel et de la relation
entre la science et l'homme. Peux-tu l'expliquer à nos lecteurs?
C'est quelque chose de difficile
à expliquer brièvement car c'est un sujet un peu compliqué et je me suis
investi à fond dedans sur les chansons. Mais je peux te dire que l'histoire
parle de l'humanité et de sa nature environnante, de ce que la connaissance a à
voir avec cette relation. Dans les temps anciens nous croyions que le destin de
cette planète était dicté par "Dieu" mais nous avons appris à
connaître comment fonctionnent les choses et notre vision de celles-ci a
beaucoup changé, ce qui nous occupait autrefois étant différent de ce qui nous
préoccupe aujourd'hui. La nature/l'univers est un peu le "blur" de
cette discussion ("the blur" semble représenter quelque chose de flou
en anglais...). Mais l'histoire est plus compliquée que ça... L'auditeur doit
donc explorer cela lui-même.
Depuis "Visions..."
vous jouez en studio avec Asgeir Mickelson et Steve Di Giorgio. Que peux-tu
nous dire de leur participation à Vintersorg?
Ils nous ont apporté beaucoup
d'éléments que nous adorons. Ils sont très compétents dans leur domaine et son
aussi très ouvert d'esprit et n'ont pas de limites. Un très bon début donc
lorsque tu es intéressé pour enregistrer un album frais et novateur. Asgeir a
un style très spécial, il peut faire des blast beats comme un démon tout comme
jouer dans un style progressif proche du jazz. Et Steve est juste LE musicien.
Sa fretless est constante sur les chansons et il sait parfaitement quand
appuyer une partie et quand apporter quelque chose de plus simple et c'est donc
un honneur que nous avons de jouer avec ces musiciens magiciens. J'espère
qu'ils continueront de jouer avec nous dans le futur. Ils sont essentiels au
son que nous avons aujourd'hui.
Hehehehehehe... oui, nous avons
dit ça plus pour rigoler, que j'étais le générateur et lui le superviseur.
J'écris les compos et lui présente, ensuite nous discutons d'elles et il
apporte de nombreuses idées au niveau des arrangements, il vérifie que je ne
fasse pas n'importe quoi avec les compos... Une parfaite association au sein du
groupe. Mais nous sommes quasiment toujours d'accord sur comment faire les
choses, nous nous connaissons depuis tellement longtemps lui et moi que nous
avons la même vision du développement des compos, et c'est donc une coopération
naturelle.
Vous avez construit une relation
musicale forte ensemble depuis 12 ans. Peux-tu nous expliquer votre parcourt
musical commun? Quels sont les éléments qui font de votre association un des
groupes les plus intéressants de la scène pagan? Avez-vous d'autres projets
ensemble?
Nous avons joué dans de nombreux
groupes différents, de nos débuts dans des combos death jusqu'à aujourd'hui
dans Vintersorg. Nous passons énormément de temps en salle de répétition et
nous sommes de vrais amis. Je peux dire que c'est le meilleur ami que j'ai
jamais eu, nous sommes très proche et avons la même vision de la musique et de
la vie en général. Nous avons énormément de souvenirs communs et nous nous
poussons l'un l'autre à être le meilleur possible dans notre domaine. Je ne sais
pas si nous sommes le groupe de pagan le plus intéressant, vu que nous ne
parlons pas de paganisme... mais nous incorporons depuis les débuts des
éléments folks dans notre musique. Nous avons une qualité que j'aime et qui est
que nous essayons sans cesse de progresser et de devenir meilleur à chaque
album. Nous développons notre musique d'album en album, continuant ainsi la
courbe que j'ai commencé à tracer en 93-94. Et nous n'avons pas peur d'amener
notre musique vers de nouveaux horizons : ceux qui osent gagnent non ?
Depuis l'arrivée de Mattias,
votre musique devient de plus en plus complexe et technique. Une partie de vos
fans n'apprécient pas trop cette nouvelle orientation et préfèrent écouter vos
anciens albums comme "Till Fjälls" ou "Ödemarkens Son" du
fait de leur côté plus pagan et ambiant. Quel est ton avis là dessus et que
dirais-tu à ces fans ?
Le développement du groupe n'a
rien à voir avec l'arrivée de Mattias. D'une manière générale il a bien sûr
influencé le groupe mais si j'avais continué seul il y aurait aussi eu une
telle progression dans le groupe. Cela à toujours été comme ça. En 1993
j'utilisais du chant clair, des guitares acoustiques et des riffs heavy dans
une veine black metal, donc le public doit être habitué maintenant à ce genre
de choses. Je veux dire par là que certains se moquaient de ça, ils pensaient
qu'on ne pouvait pas mélanger tous ces styles en un style unique, mais j'ai
continué selon ma vision. Nous ne pouvons pas obliger les gens à nous aimer.
S'ils apprécient tant mieux, sinon qu'ils n'écoutent pas, Vintersorg est un
groupe qui a toujours progressé d'une manière ou d'une autre, même si l'essence
initiale nous suivra toujours.
Vous avez décidé d'arrêter de
jouer live avec Vintersorg dans le futur. Peux-tu nous expliquer les raisons de
cette décision? Ne pensez-vous pas qu'une tournée européenne de grande
envergure pourrait faire évoluer le groupe dans une autre dimension?
Non, aucune décision n'est arrêté
vu que nous allons jouer quelques concerts et allons participer à quelques
festivals cet été. Mais nous ne sommes pas un groupe qui correspond aux grandes
tournées. Nous vivons pour l'art dans sa forme la plus pure, et la création de
musique et de textes sera toujours la partie la plus importante pour nous. Bien
sûr c'est toujours cool de jouer face à une foule mais c'est quelque chose de
très différent et cela demande beaucoup de temps, alors que le temps est
justement mon pire ennemi tu sais. J'en ai pas beaucoup donc c'est difficile
pour nous d'être un groupe de tournées. Nous ciblons juste nos concerts pour
les festivals et quelques shows isolés, ça s'arrête là. Mais nous n'avons pas
dit que nous ne jouerions plus live, vu que nous aimons quand même ça.
L'année dernière, toi et Mattias vous avez
décidé d'arrêter Otyg. Peux-tu nous donner les raisons de cette décision? Et
question d'un fan: peut-on espérer un nouvel album dans la futur, ou est-ce une
fin définitive?
C'est très dur à dire. Nous ne
ferons aucun autre album d'Otyg dans un futur proche ça c'est sûr, nous
laissons ce groupe dernière nous et il est préférable de laisser le passé au
passé et d'évoluer selon ses convictions. La stagnation est quelque chose qui
me fait autant peur que la mort... hehehehe...
Un petit mot au sujet de ton
autre groupe Borknagar. Avez-vous terminé l'enregistrement du prochain album? A
quoi peut-on d'attendre? Si tu as quelques news concernant la musique nous
sommes intéressés!
Oui, nous avons fini
l'enregistrement et le mix de l'album commence ce week-end je crois (interview
réalisée courant janvier). Je suis très enthousiaste ça va être un bon album.
Il possède l'esprit Borknagar mais aussi quelques nouveautés afin d'aller de
l'avant. Mais l'essence même de Borknagar est très présente si je puis dire. Et
c'est un disque avec une belle utilisation d'éléments différents. J'ai hâte
d'entendre la version finale.
Tu joues dans Vintersorg et
Borknagar mais aussi dans quelques autres projets comme Fission, Ion,
Havayoth... Que peux-tu nous en dire. Quels sont leur approche musicale
respective?
Fission est dans une veine
death/thrash mais avec une dualité de chant black/chant clair et quelques
éléments synthétiques. Nous sommes en train d'enregistrer l'album en ce moment
et il ne reste que les vocaux et la basse à faire. Le premier album s'appellera
"Crater" et sortira chez Napalm Records. Ion c'est moi et Öystein
(Borknagar) et ça a une atmosphère très polaire si je puis dire. Imagine: une
station scientifique abandonnée dans les arctiques... Havayoth continue
d'évoluer, mais lentement, nous avons beaucoup de nouvelles compos mais des
choses doivent d'abord être réglées avec la maison de disque...
Pour terminer l'interview, une question
intéressant pour les fans de Metal: que fais-tu dans la vie? Un boulot, des
études ? Beaucoup de fans voient les musiciens comme des gens différents avec
une vie très cool... Quel est ta réalité?
Ma réalité c'est ça: pas
d'argent, pas d'argent, pas d'argent... je travaille beaucoup pour ma musique
mais cela ne génère pas d'argent dont je pourrai vivre, je devrais pour cela
vendre beaucoup plus que ce que l'on vend actuellement, donc je suis désolé de
casser le mythe d'une vie géniale! J'étudie tout le temps !
Merci beaucoup pour votre
excellent nouvel album et pour tes réponses, ce fut un réel plaisir que d'avoir
eu la possibilité d'avoir cette discussion avec toi. Je te laisse le mot de la
fin.
Just check out the new album!
(intw. réalisée par Thyl)
dimanche 8 février 2004
VINTERSORG "Cosmic Genesis" (2000)
Ce troisième album de Vintersorg lequel, rappelons-le, s’articule autour de deux musiciens complémentaires, Vintersorg et Mattias Marklund, constitue sans l’ombre d’un doute le pivot de la carrière du groupe et ce, à plus d’un titre.
Après deux opus baignant dans le black à tendance folklorique, cette nouvelle réalisation s’en éloigne considérablement pour se tourner vers une musique plus progressive, plus complexe, plus riche et déroulant une technicité impressionnante mais qui n’étouffe pas les chansons ni l’émotion contrairement aux deux disques suivants. En outre, il s’agit du premier album sur lequel Vintersorg s’essaye à l’anglais, bien que deux titres soient encore chantés en suédois. Enfin, au niveau du concept, Cosmic Genesis ouvre le groupe vers les thèmes scientifiques (astronomie, physique cantique), qui sont aujourd’hui pour une bonne part de l’identité singulière du projet.
Vintersorg nous offre donc neuf morceaux d’une richesse extraordinaire, parmi lesquels s’est glissé une reprise intéressante et surprenante de Uriah Heep ("Rainbow Demon"). "A Dialouge With The Stars", un des nombreux sommets du disque, est aussi un des plus révélateurs de la démarche du duo. Après un début très black metal, rapide et violent, succède un refrain mélodique où la voix clair et profonde de Vintersorg fait des merveilles, accompagnée de chœurs majestueux qui semblent tout droit sortis d’un Bathory période Viking. Puis la superbe partie instrumentale éclairée par un solo grandiose déboule et vous scotche au mur par sa puissance et sa beauté.
Tous les titres recèlent des trésors d’inventivité (le progressif "Astral And Arcane", le grandiose "Cosmic Genesis ) sans oublier, fait très important, l’émotion, à l’image de la ballade "The Egnimatic Spirit", simple et belle comme un chat qui dort, achevant l’album sur une note plus calme et paisible.
La pierre angulaire de la carrière du groupe sans aucune hésitation. (Childeric Thor -Noz Pagan)
mardi 6 janvier 2004
VINTERSORG "Odemarkens Son" (1999)
Notre ami Andreas Hedlund est un compositeur prolifique. Seulement un an après la sortie de Hedniskhjärtad et deTill Fjälls,le revoici avec un nouvel album longue durée et pas n'importe lequel puisqu'il est généralement le préféré des afficionados du groupe même si pour ma part je ne fais pas vraiment de favoritisme en ce qui concerne VINTERSORG, chaque album ayant son petit centre d'intérêt.
Sur cet album, il n'est pas dificile de constater que les compétences en tant qu'arrangeur et compositeur d'Andreas se sont grandement améliorées, le tout aidé par une production toujours sans faille du célèbre studio Ballerina. Les influences propres au Black Metal sont beaucoup moins présentes que sur la précédente réalisation mais paradoxalement, Odemarkens Son est un peu plus obscur et mystique laissant la part belle à des mélodies très envoûtantes. Autre constation, les vocaux s'adaptent encore mieux à la musique, technique qui commence à devenir naturelle pour Andreas l'amenant à utiliser beaucoup de styles de chants différents sur ce nouvel album.
On y retrouve par conséquent de superbes mélodies vikings ainsi que des véritables hymnes guerriers en passant par des vocaux plus clairs, d'inspiration folk, marque de fabrique du groupe qui plus est. Bref, du Viking Metal avec un niveau technique bien au-delà de la moyenne. Au niveau des paroles on se rend compte que la magie est un thème prépondérant sur Odemarkens Son, sans aucun doute plus que dans tout ce qui avait été fait auparavant. On ressent même sur cet album comme une sorte de mise à l'écart de la poésie épique au profit d'une approche psychologique des héros, sans doute est-ce pour cela que la musique ici proposée fait ressortir plus d'émotions chez l'auditeur.
Toutefois, la nature et ses multiples joyaux sont toujours bien mis en évidence dans les textes puisque l'unique créateur de ce groupe vit entouré de forêts, de montagnes et de plaines. De plus, l'écrivain qui influence le plus les textes n'est autre que Karl-Erik Forsslund (qui n'est à ce jour par encore traduit en français, une honte quoi !).
Si vous aviez aimé les deux premiers jets, il est clair que vous tomberez également sous le charme de cet album qui se veut un peu moins rentre dedans mais certainement plus riche et diversifé car abordant de nouveaux horizons musicaux là où Till Fjälls avait tendance parfois à se répeter… Etes-vous des Odermarkens Son (fils de la nature) ? Si oui alors cet excellent album est pour vous ! (Thyl - Noz Pagan).
lundi 5 janvier 2004
VINTERSORG - Till Fjälls (1998)
Toujours chez Napalm Records et peu de temps après la sortie de son premier EP, VINTERSORG sort ici son premier enregistrement longue durée et que dire sinon que c'est encore une réussite. Cet album a été enregistré au très relevé Ballerina studio, très connu pour s'être occupé notamment de SETHERIAL, NAGLFAR et IN BATTLE entre autres, assurément l'alternative en vogue de l'époque lorsqu'en Suède on désirait un son tout aussi correct qu'aux studios ABYSS ou SUNLIGHT.
Musicalement, la sauce n'a pas changé depuis le premier EP étant avant tout un mélange de Heavy et de Black Metal où se greffent un chant clair agrémenté parfois de choeurs païens du plus bel acabit ainsi que de nombreuses atmosphères viking de par l'utilisation de la guitare acoustique et d'un synthé. A cela s'ajoute la prédominance des voix claires et ultra lyriques d'Andreas ainsi que des parties de chants féminins divinement exécutées par Cia Hedmark compagne d'Andreas au sein d'OTYG (notamment sur Isjungfrun & Fångad Utav Nordens Själ).
Les influences Heavy me direz-vous ? Tout simplement parce qu'énormément de riffs et de solos sont emprunts à ce style nous rappelant que notre ami est un excellent gratteux même si certaines parties sont jouées exceptionnellement par Andreas Franck, un ami proche et inconnu au bataillon au sein de la scène Metal. Lyriquement cet album traite de l'amour d'Andreas Hedlund envers mère nature et de son engagement sincère pour préserver les anciennes traditions locales liées au passé viking de la Suède (l'héroïsme des guerriers venus du froid est ici clairement exalté).
Les textes sont écrits à la manière d'un poète contemplatif avec des rimes écrits dans un vieux dialecte et comme le principal intéressé habite dans une demeure du 18e siècle, il est évident qu'il n'y a pour lui aucun problème à faire ressortir et émerger cet esprit ancien et primitif. Et puis après tout, quelle autre source impérissable d'inspiration existe en dehors de la nature ? Cet album marque évidemment un pas important dans la carrière du groupe le sortant de l'anonymat pour le faire connaître au niveau international.
Excellent du début jusqu'à la fin, cet album fait maintenant partie des classiques du genre. Même si je trouve que certaines structures au niveau des compos ont un peu trop tendance à se répéter, il n'en reste que la qualité de l'oeuvre est indéniable et vous fera voyager loin de votre petite vie morose si tel est votre cas. Faites comme moi, inspirez-vous de la magnifique pochette et allez écouter ces compos lors d'une ballade en montagne. Sensations garanties ! (Thyl - Noz Pagan)
samedi 4 janvier 2003
VINTERSORG - Hedniskhjärtad (1998)
VINTERSORG est le groupe du chanteur d'OTYG le bien nommé Andreas Hedlund qui, après plusieurs problèmes de line-up, décide finalement de sortir cet EP tout seul comme un grand en prenant soin au passage de changer le nom du groupe qui s'appelait précédemment VARGATRON (le trône du loup) par son propre pseudo.
A ce sujet, VINTERSORG, qui signifie chagrin d'hiver, aurait été choisi suite à la lecture d'un roman de Margit Sandemo dans lequel un héros porte ce nom et serait le fils d'un chef de clan païen. Pour la petite histoire, Andreas est un grand consommateur de littérature en tout genre mais surtout axée autour de sa Suède natale, que ce soit des livres historiques ou des romans. Pour une fois que ce n'est pas en référence à Tolkien, autant le signaler….
Musicalement, ce premier jet est vraiment très prenant en mélangeant des influences du Black Metal au niveau de la voix même si la plupart des parties de chants se font en voix claire à la manière d'ENSLAVED et d'ULVER pour ne citer qu'eux, ainsi que des influences progressives, surtout au niveau des guitares ou Andreas Hedlund, et on ne le dira jamais assez, est vraiment très doué. Il n'est d'ailleurs pas doué uniquement que pour les grattes puisqu'il s'occupe également de tous les instruments, un vrai Remi Bricka ce Vintersorg.
On retrouve également des parties de synthé et des guitares acoustiques accentuant l'atmosphère épique de l'oeuvre mais attention, il n'est pas question de ballades en famille dans les bois par une légère brise d'automne, oh que non. En effet, la musique est plutôt rentre dedans et très énergique de par l'utilisation d'une batterie (Boîte à rythme je précise) programmée pour donner un petit effet Power Metal bien senti et des riffs vraiment tranchants par moment. Profondément attaché à ses racines, VINTERSORG s'engage à préserver le passé Viking de son pays, tout comme avec OTYG, où à l'écoute de cet EP, que je qualifierais de Pagan Metal Progressif, les vastes étendues naturelles de la Suède nous viennent tout naturellement à l'esprit, sentiment parfois féérique de par la présence du chant féminin comme sur la magnifique compo Stilla.
Mais plus encore, cette oeuvre est vraiment très bonne. Une judicieuse entrée en matière pour connaître et surtout apprécier ce groupe qui fait vraiment figure de pilier indéboulonnable dans cette scène. (Thyl - Noz Pagan).
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