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lundi 19 août 2013

LUC ARBOGAST "Odysseus" (2013)

Ce n'est pas une chronique habituelle qui est faite ici, c'est le ménestrel Luc Argobast qui sera à l'écoute et à la lecture. Le côté médiéval que l'on peut retrouver au fil de ses chants est typiquement dans l'esprit du pagan donc point de quolibets, que ouïr grand vos esgouilles ! Il s'était d'ailleurs produit en 2007 au CERNUNNOS PAGAN FEST II.

Luc Arbogast fut découvert pour une grosse partie du public via une émission de télé-crochet en début d'année 2013. Cet auteur-compositeur est en déjà à sa sixième production musicale offrant toujours cette étonnante inspiration médiévale couplée à la voix de ce contre-ténor sortant de l'ordinaire. Brian Joubert avait par le passé patiné plusieurs fois sur des chansons de l'artiste.

Odysseus est un album de 11 morceaux qui entraînera l'auditeur dans un autre temps avec ces pléiades de sons où bouzouki et laud seront fortement mis en avant au fil des chansons. Les influences de l'époque médiévale et autres chants traditionnels d'époques se mêlent via une excellente maîtrise vocale et instrumentale de la part de Luc Arbogast. Dès "Cant De Gévaudan"  on se retrouve quasi sur une place d'un marché ou à festoyer le soir avec ce barde qui appelle le public à venir escolter son fabliau qui sera un hymne à une musique festive et villageoise, ce qui en fait une mélopée très accrocheuse.

Chaque chant entraîne dans une atmosphère et ambiance particulière, l'exploitation des cordes vocales dans les tons graves et aigus donnent une profonde ampleur aux chansons qui prennent une dimension plus grande quand vous l'écoutez avec un mode cathédrale (si votre chaine stéréo le permet), ce qui permet de réellement prendre conscience de la densité artistique de ce disque. La "Nausicaa" ( La Moldau de Bedrich Smetana) est une très belle réadaptation de part Luc Arbogast, c'est d'ailleurs ce morceau qui est choisi comme premier titre promotionnel. Les chants seront tantôt en anglais, français, latin, arabe et hébreu permettant de donner un éventail encore plus vaste dans les compositions et ambiances musicales, "Cancion Serafadi" la dernière piste sera un bel exemple de l'intensité et spiritualité qui s'en dégage (ce morceau est une version publique - du live).

L'adaptation de l'Adagio d'Albinoni "Eden"  est somptueuse, frôlant même la chair de poule et le choix de reprendre un morceau de Tears For Fears qui fut ensuite repris par Gary Jules (connu lors du film Donnie Darko) de "Mad World" prouve de la capacité d'adaptation vocale et artistique de Luc Arbogast. 
Odysseus est un excellent album, prouvant que des artistes peuvent faire bien autre chose que de la soupe musicale, qu'en faisant le pari de faire un télé-crochet ouvrirait les esprits aux gens. Le pari est gagné avec cet album... et, au passage, allez écouter les anciens disques qui sont tout aussi excellents. Si une tournée se fait, il faut juste espérer que celle-ci se fasse dans des lieux où l’acoustique permettra de faire ressentir ces odes d'un ancien temps. (Nikos / La Grosse Radio)

dimanche 1 juin 2008

LUC ARBOGAST "Hortus Dei" (2007)

Lorsqu’on évoque les termes de chef-d’œuvres artistiques, de pièces magistrales, ou bien encore d’édifices musicaux incontournables, bien ignorant sont ceux qui estiment que ces honneurs sont uniquement réservés aux réalisations signés par les plus grands noms de la Musique. En effet Le destin vous conduira tôt ou tard sur les traces de personnages singuliers, qui toucheront inévitablement votre sensibilité au plus haut point, et guideront alors subtilement votre âme en vous immergeant de manière profonde, dans des univers émotionnels paradisiaques…

Je pense avoir récemment rencontré l’un de ces personnages… un étrange artiste nommé Luc Arbogast. Stylé à l’ancienne « mode » médiévale, le charisme du personnage est tout d’abord saisissant. Armé d’un bouzouki et de clochettes au pieds, il divulgue son extraordinaire musique dans certaines villes de France (devant la cathédrale de Strasbourg, dans certaines citadelles du Sud, ou plus récemment à Montferrand lors de la fête du Dauphin d’Auvergne… ). Mais l’originalité de l’artiste ne s’arrête évidemment pas à sa tenue vestimentaire.

Luc Arbogast bénéficie d’un véritable don des cieux, d’un chant unique et magnifique prenant les caractéristiques fréquentielles du timbre de contre-ténor. Les premières notes qui s’échappent donne à chaque fois le même frisson… les mélodies vocales vous transportent avec volupté en terre sacrée, au sein de royaumes bénis par les anges. Les compositions d’Hortus Dei sont agrémentées d’accompagnements mélodiques très intéressants, mettant en évidence le talent indéniable de Mélusine (Flûte traversière, chant, carillons et Glockenspiel). L’album de Luc Arbogast rassemble des hymnes traditionnels anciens ainsi que des arrangements personnels mêlant mystique, voyage romantique et tragédie médiévale…

L’apogée de cet album réside selon moi dans l’interprétation du célébrissime « Palästinalied » de Walther von der Vogelweide (écrit vers 1220) faisant alusion aux Croisades. (Egalement repris par des groupes comme In extremo ou Corvus Corax...).La montée en puissance de ce titre est tout simplement magnifique, les émotions sont retranscrites de façon remarquable.

« Morgenstern », « la rosa enflorece », « entre moi et mon ami » (anonyme français) ainsi que la narration « Ange » (histoire bouleversante remplie d’espoir et d’inquiétude sur l’évolution de l’humanité…) sont des véritables petits bijoux.

Hortus Dei devait logiquement trouver une place parmi les pages de reflets d’ombres, afin que les passionnés de musique et d’histoire puisse savourer ce délicieux breuvage de culture et d’émotions. (Hugues Perrin / Reflets d'Ombres)