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dimanche 11 novembre 2012
mardi 4 janvier 2011
WINDIR "Likferd" (2003)
Deux ans après l'excellent 1184, WINDIR revient sur le devant de la scène avec un album très attendu par une horde de plus en plus grande d'admirateurs dépassant largement le cadre des paganistes pour toucher un public de métalleurs bien plus large encore.
Musicalement parlant, on a pas envie que WINDIR sorte des sentiers battus des plaines de Sogndal et on est bien content d'entendre que des compos telles Resurrection of the Wild, l'incroyable Fagning ou encore la superbe Martyrium continuent dans un style qui a fait le succès des albums précédents, à savoir ce Metal extrême baigné par une ambiance dictée essentiellement par la gratte. Les compos semblant n'être qu'un immense solo à la fois hypnotique et épique, sans oublier les petites touches au synthé et les choeurs païens en toile de fond.
Toutefois Windir change quand même sa façon de composer et propose également des titres plutôt bien ficelés mais beaucoup moins mélodiques et plus brutaux (Despot). On a même droit à des influences Heavy (Blodssvik). Valfar délaisse un peu plus son accordéon cette fois, ce qui me déçoit un peu certes, mais bon, il faut bien varier les plaisirs avant de s'en lasser me direz-vous. Vous l'aurez compris en filigrane, une des marques de fabrique de WINDIR disparaît quelque peu lors de cette évolution, à savoir les nombreuses touches folkloriques qui coloraient les albums précédents en témoigne entre autres l'absence des reprises de thèmes populaires pour créer les mélodies. Valfar et sa petite troupe n'ont pas écrit l'album parfait, celui qui surpasserait 1184 ou Arntor.
Si je dois reconnaître que l'album est homogène et cohérent, il dégage cependant une aura un peu plus restreinte. Sans compter que l'inspiration de Valfar fut quelque fois un peu en berne (Dauden ; Ætti Mørkna). Point positif maintenant, on atteint le summum en matière de production : les guitares ont plus de relief, avec une texture plus épaisse, tout en gardant cette clareté d'exécution propre au groupe. Ni supérieur ni inférieur aux autres réalisations, cet album est sans surprise tout aussi bon bien évidemment.
Maintenant pour la petite histoire, j'ai l'impression qu'inconsciemment la mort planait réellement au-dessus de Valfar lors de la composition de cet album, les mélodies étant plus mélancoliques qu'à l'acoutumée, les riffs beaucoup plus sombres et cette pochette, vous n'allez pas me dire que c'est une simple coïncidence quand même ? Une superbe peinture issue du romantisme norvégien autour d'un sujet plus que révélateur : un enterrement maritime à l'ancienne, un cercueil posé sur une barque recouvert d'un drapeau norvégien. L'image à l'intérieur du booklet reprend la même peinture mais sans les personnages, laissant le mort seul face à son destin. Seul, c'est également comme cela que Valfar s'en est allé. En effet, le site internet du groupe annonce la triste nouvelle le vingt-huit janvier deux mille quatre, Terje a été retrouvé mort à Reppastølen dans la vallée de Sogndal. Il semblait que Terje était sur le chemin de la maison familiale mais en raison du temps froid et de la neige profonde, son voyage est devenu plus difficle que prévu. Quand il s'est rendu compte qu'il ne serait pas en mesure d'atteindre sa destination, il a essayé de prendre un raccourci et aurait été victime d'une chute et serait mort d'hyperthermie…
Maintenant avec du recul, mourir jeune est un fait, mais mourir en laissant une si grande trace derrière soi en est une autre et je pense que l'essentiel est bien là après tout, lui qui injustement se considérait comme un alcoolique fainéant. (Thyl - Noz Pagan)
dimanche 2 janvier 2011
WINDIR "1184" (2001)
1184 est concrètement l'album de la reconnaisance pour Windir, en témoigne le nombre important d'interviews dans tous les magazines spécialisés "Metal" à haute distribution tels que Rock Hard, Terrorizer, Metallian etc. D'une manière plus explicite, disons que le groupe allait enfin pouvoir jouïr d'une promo digne de ce nom, en tout cas à la hauteur de leur musique.
Par ailleurs, Valfar, seul maître à bord du drakkar Windir décidait cette fois de s'entourer d'autres musiciens, transformant ce one-man-band en un véritable groupe, marquant ainsi une volonté de se produire "live" et ce, jusqu'aux Etats-Unis ! Certains n'hésitent pas à dire que Valfar, perfectionniste dans l'âme, était très stressé lors de l'écriture de cet album et c'est probablement la raison pour laquelle Hvàll, ami d'enfance et membre du groupe Ulcus, a rejoint Windir avec pratiquement le reste du groupe. Valfar ayant grandit avec les membres de ce groupe local, l'entente ne pouvait être que parfaite. Il était donc convenu que Valfar et Hvàll composent chacun de leur côté les compos de cet album. Toutefois, afin de garder une certaine homogénéité au niveau du son, nos comparses vont enregistrer et mixer l'album au même endroit, à savoir le "Akkerhaugen Studio". Cette façon de composer va bien sûr un peu changer la donne, et celà se ressent à l'écoute de "Dance of Mortal Lust" ou encore "The Spirit Lord" qui musicalement se rapprochent de ce qui se faisait à la grande époque de Thy Serpent : un style plus brutal sans pour autant renier la présence des synthés.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, même si ces compositions sont de très bonne facture, les chansons qui donnent une dimension supérieure à l'album sont celles composées dans la plus pure tradition de Windir, avec cette fois-ci quelques "hits" dont on a du mal à s'en remettre, à l'instar de "Todeswalzer", composée entièrement à la manière d'une valse viennoise... cette fusion avec le Metal extrême vaut de l'or, même si parler de fusion n'est pas vraiment exact puisqu'on ne retrouve aucuns samples de musique classique, la structure musicale étant axée uniquement sur les lignes de gratte ! Cet album se termine d'ailleurs dans la même veine puisque "Longing" est un petit bijou reprenant de manière succinte tout ce qui fait le style "Windir", allant des riffs épiques aux chants clairs, tous exécutés de manière parfaite par Cosmocrator du groupe Mindgrinder, la compo finissant tout en ambiance avec ce côté electro du plus bel acabit.
1184 est donc un album plus accessible mais tout aussi magique que son prédécesseur, qui donnera à Windir ses lettres de noblesse. (Thyl - Noz Pagan)
WINDIR "Arntor" (1999)
Fort d'un premier album très bien accueilli dans l'underground, Valfar avait donc l'occasion de gravir un autre échelon, en donnant cette fois à sa musique une autre dimension en entrant au célèbre "Grieghallen studio" sous la direction d'un certain Pytten, mieux connu pour avoir collaboré avec notamment Gorgoroth, Enslaved, Aeternus, Taake et j'en passe.
Une chose est sûre, cette occasion, Valfar ne l'a pas loupée car Arntor comporte tous les ingrédients qui avaient révélé Windir sur l'album précédent, mais cette fois, sans les petites erreurs de jeunesse. La manière de composer n'a pas changé, la guitare se révélant toujours être l'instrument principal, donnant à chaque fois cette impression que la compo n'est qu'un immense solo à la fois hypnotique et épique, véritable marque de fabrique de Windir, la plage numéro 4 intitulée "Svartesmeden Og Lundamyrstrollet" étant l'apogée de ce style de structure à la fois original et efficace.
Les choeurs sont cette fois très bien exécutés, jouant cette fois un rôle significatif au sein des compos, tout en ne souffrant plus la comparaison avec les groupes de Viking Metal bien établis dont la renommée est déjà faite. "Black Metal atmosphérique", "Pagan Black", "Viking Metal", voilà autant de qualificatifs qui pourraient servir à désigner la musique du groupe mais je pense qu'à ce stade, on s'en moque car maintenant Windir fait du... Windir ! Une musique à la croisée des styles énoncés ci-avant mais avec sa propre personnalité, et c'est sans doute la plus belle éloge qu'un groupe puisse espérer en matière de reconnaissance artistique. Et même Lorsque Windir lorgne vers le folk comme sur "Kampen", la qualité ne baisse pas, ajoutant par là même un vent d'air frais et un petit côté festif non négligeable.
Les textes quant à eux tournent toujours autour des faits historiques concernant la petite ville de Sogndal, bastion de Valfar, tous écrits en norvégien mais dont la traduction en anglais de deux compos est disponible dans le livret. Pour beaucoup, cet album est LE meilleur album de Windir, le chef d'oeuvre à posséder pour tout fan de Viking Metal qui se respecte.
J'ajouterais humblement que cet album m'a marqué à sa sortie, il était pour moi devenu la référence en la matière et sans doute un disque que j'ai le plus usé sur ma platine CD. La suite me donnera double fois raison. (Thyl - Noz Pagan)
WINDIR "Soknardalr" (1997)
WINDIR c'est l'histoire d'un seul homme, Valfar, et ce premier album, sorti après deux démos remarquées dans l'underground ("Sogneriket" et "Det Gamle Riket"), définit très bien les aspects spécifiques qui rendent la musique de WINDIR unique.
Je parle bien sûr de ce petit "truc" en plus que des groupes essaieront en vain de créer dans leurs compositions, et qui caractérise la marque des grands. Agé à peine de 18 ans, notre guerrier ("Windir" en norvégien), créera à lui tout seul toutes les parties instrumentales de cet album (hormis la batterie) enregistré en seulement quatre jours dans un studio à Oslo.
Premier tour de force réussi puisque la première année, pas loin de deux mille albums seront écoulés de par le monde, une performance pour un jeune groupe de Metal extrême. Même si l'enregistrement est loin d'être parfait car manquant plus que probablement de moyens financiers, WINDIR s'oriente déjà clairement vers un Black Metal où les ambiances atmosphériques et folks prennent logiquement une place importante dans le processus d'écriture du groupe. Des choeurs mixtes (voix masculines et féminines) viendront s'ajouter tout au long de l'album, mais il faut le reconnaître, sans l'intensité que créeront lesdits choeurs sur les albums suivants, et qui marqueront vraiment l'entrée de Windir parmi les groupes regroupés sous l'appellation "Viking Metal".
Sans atteindre le génie des albums futurs, ce premier jet contient évidemment son lot de petits bijoux comme "Morket Sin Fyrste" ou encore "Sognariket Si Herskarinne" où le style accrocheur et épique de Windir opère à la perfection, sans oublier la magnifique complainte qui termine cet album. (Thyl - Noz Pagan)
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