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samedi 24 novembre 2012


WINTERSUN "Time I" (2012)

Après plus de sept ans d'attente et un nombre incalculable d'excuses pour reporter la sortie du successeur de l'excellentissime premier album du groupe, voici enfin une des sorties les plus attendues de l'année ! Enfin quand je dis "album"... il n'est pas faux de dire qu'il s'agit plutôt d'un long EP contenant, jugez plutôt, 5 compos dont deux instrumentales. Et concernant ces dernières, Jari nous avait annoncé des influences asiatiques sur l'album et si on prête attentivement l'oreille, on peut dire qu'elles sont bien là. 

Alors en ce qui concerne la partie charnue de cet album force est de constater que le groupe a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Musicalement parlant, même si les bases peuvent sembler les mêmes, elles ont cependant pris des couleurs bien différentes. La première chose qui frappe l'auditeur est ce mur de mélodies qui dégouline de sympho et autres choeurs le laissant un peu sans repères. Tour à tour, on a l'impression d'entendre une cacophonie avec des influences puisées tantôt chez Nightwish, tantôt chez Summoning (mais oui !), voire encore chez Devin Townsend... oui oui, écoutez la voix sur "Time" et dites-moi ce que vous en pensez ? Mais pour vous dire la vérité, après 3 écoutes je l'ai délaissé pendant une semaine. C'est un album qui ne s'écoute définitivement pas en easy-listening dans un train ou comme musique de fond. 

Alors passé ce délai et une petite déception, mon avis sur cet album a changé. J'ai commencé à entrer petit à petit dans cet univers comme si mon subconscient avait levé les barrières qui me poussaient à vouloir à tout prix une copie conforme du premier album afin de savourer pleinement cette nouvelle sortie. Et plus les écoutes passent, plus j'aime cet album ! C'est en prêtant une oreille attentive qu'on s'émerveille après chaque écoute des petites pépites qui n'avaient pas spécialement été entendues auparavant. Même si on aime surtout Wintersun pour les compos directes et rapides, j'avoue être parfaitement conquis par les parties plus lentes de cet album comme sur "Land of Snow and Sorrow" qui m'avait complètement laissé de marbre lors de la première écoute. 

"Time 1" offre donc à l'auditeur attentif de sévères fluctuations d'intensité et nul besoin d'avoir fait le conservatoire pour comprendre que Jari Mäenpää a voulu donner à sa musique la dynamique d'un orchestre symphonique même si ce n'est pas toujours fait correctement ou que ce soit fortement exagéré. Un premier retour réussi dans la grandiloquence et qui annonce d'ores et déjà un "Time 2" prévu pour 2013. (Par Thyl - Noz Pagan)


mardi 5 avril 2005

WINTERSUN "Wintersun' (2004)

Fraîchement parti du groupe de folk metal Ensiferum en 2004, le discret virtuose finlandais Jari Mäenpää fonde dans la foulée le groupe Wintersun. Le premier opus du groupe s’annonçait donc avant l’heure comme un très grand cru tant la qualité du groupe précité n’est plus à démontrer.

Dès les premières notes de Beyond the dark sun, nous entrons dans le vif du sujet avec une musique froide, glaciale, des soli parfaitement maitrisés caractéristiques de cette scène nordique. A l’instar des premiers albums des enfants de Bodom, les chansons affichent clairement une volonté mélodique malgré les rythmes rapides, parfois décousus et la voix gutturale de Jari. Mais contrairement à ceux-ci, Wintersun parvient à captiver son auditoire par des atmosphères tantôt apaisantes, tantôt angoissantes jouant sur les rythmes et l’intensité mais également sur de nombreux passages en voix claire comme sur Sleeping Stars en ne sombrant jamais dans la facilité. Les finlandais optent pour des structures complexes, de nombreux breaks comme en témoigne Starchild qui ne compte pas moins de quatre parties aux influences diverses.

Jari Mäenpää est un perfectionniste et cela se ressent sur des compositions travaillées et sur des écrits prenants. A l'inverse de bon nombre de groupes du genre, un point d’honneur est mis sur les paroles qui nous transportent dans un monde mystique. Un régal pour les sens. Les soli quant à eux, sont toujours très justes et d'une extrême fluidité (on pense notamment à Winter Madness !). Toujours bien venus et ne desservant jamais les compositions, on peut dès lors rejeter le caractère systématique et démonstratif qu'ils ornent parfois dans ce genre.

Death mélodique aux influences diverses, Wintersun parvient à nous saisir par sa mélancolie, ses chants guerriers notamment sur Starchild ou bien encore Winter Madness. Mais s’il fallait n’en retenir qu’une, Death and the Healing constitue la quintessence de cet album et représente tout à fait la vision musicale de Mäenpää. A savoir, de longs soli, de puissantes rythmiques parsemées de chants guerriers fédérateurs et une forte dose de clavier. L’introduction de Beautiful Death témoigne des diverses influences du groupe qui maitrise aussi bien le mid tempo que des rythmes rapides qui auront raison de vos cervicales.

Ce premier opus de Wintersun est une réussite, mené par un Jari « Paul Gilbertesque » qui nous fait voyager à travers ces huit titres dans un univers épique voire mythologique dans lequel il est bon de se plonger régulièrement. Cet album éponyme nous prouve encore une fois que la scène metal mélodique finlandaise reste la référence mondiale. Faut-il par ailleurs rappeler que cet album est l’œuvre d’un unique personnage (Batterie exceptée puisqu’enregistrée par Kai Kahto) à la manière d’un Onset of putrefaction de Muhammed Suiçmez. Cela atteste de la qualité musicale du finlandaise.

Nous regretterons tout de même une certaine répétition et l’usage voire l’abus de passages en chant clair, pas toujours très maitrisés sur certains titres, qui pourront rebuter ou lasser l’auditorium non acquis à la cause Mäenpienne. Un album complet, qui laisse présager du très bon pour la suite, tout du moins pour les fans du genre et à condition que « Time », attendu depuis plus de cinq ans, voit réellement le jour… (par Brünhilde)