Après avoir créé la sensation avec Spirit et touché un nombre croissant de personnes pour ne plus être catalogué “underground”, il était finalement normal qu'Eluveitie se verrait proposer un contrat par un gros label. Le fait que ce soit Nuclear Blast en a fait grincer plus d'un, certes, mais quel groupe ne verrait pas d'un bon oeil l'arrivée de moyens extraordinaires pour mettre en vitrine son art ? De plus, c'est du pain béni pour ce dernier s'il veut jouer dans des gros événements tels les festivals d'été, sans oublier le luxe de pouvoir choisir parmi les meilleurs studios pour enregistrer son album et c'est notamment le cas avec celui de Jens Bogren très réputé dans le milieu Metal contemporain qui apporte à Eluveitie sa meilleure production à ce jour.
Les changements musicaux par rapport au précédent album sont vraiment minimes. Le groupe joue toujours un Death Metal mélodique influencé par l'école suédoise tout en faisant la part belle aux nombreux instruments traditionnels. Je dirais juste que les musiciens ont composé cet album d'une manière plus fluide et l'expérience aidant, l'alchimie se fait de plus en plus naturellement. Par contre, si vous cherchez des riffs originaux, des soli complètement barrés, passez votre chemin, même si pour moi la qualité technique est bien plus élevée que sur leur précédent album. Mais le point fort d'Eluveite résulte avant tout dans le fait de balancer des morceaux d'une grande intensité où la mélodie dictée par les instruments traditionnels tient une place importante dans le processus d'écriture. C'est un mur de son folk qui vous tombe dessus et ça prend directement aux tripes ! Une belle résistance au nouvel ordre mondial… euh romain :D. J'ai également apprécié la qualité du mixage de Jens Bogren car ce n'est certainement pas chose facile d'obtenir un rendu agréable à l'écoute quand on doit faire cohabiter ensemble tous ces instruments (j'en ai compté 15 différents sur tout l'album, sans oublier les différentes lignes vocales bien entendu et ces magnifiques choeurs qui prennent une autre dimension sur cet album). C'est aussi ça le fait d'être signé sur un gros label,… Lyriquement parlant, le groupe a bien sûr puisé son inspiration dans la tradition celtique avec cette fois la thématique du temps, la grande roue celte qui marque un cycle que l'on retrouve très explicitement sur l'album, ce dernier étant délimité par 4 compos bien distinctes et la plupart du temps instrumentales (Samon ; Anagantios ; Giamonios et Elembivos). Le cycle des saisons est donc le fil conducteur pour traiter de l'harmonie des Celtes avec la nature (Primordial Breath, Calling the Rain), des anciennes écoles druidiques et notamment celle de l'île d'Inis Mona (Inis Mona), du célèbre chef gaulois helvète Divico (Gray Sublime Archon), de la guerre des Gaules (Bloodstained Ground), du mythe de Tarvos Trigaranos (Tarvos), sans oublier Slanias Song, une compo écrite totalement en ancien gaulois par David Stifter, professeur de celtologie à l'université de Vienne s'il vous plaît ! De plus, le mot Slania provient d'une épitaphe celte consacrée à une jeune fille qui a vécu il y a environ 2500 ans dans les Alpes orientales helvétique (Il faudra que j'y retourne un jour, c'est pas possible autrement !!!).
A noter l'excellent travail au niveau du packaging, évidemment très pro mais surtout très beau, la version limitée comprenant quant à elle un DVD Bonus contenant 4 titres live tirés de la tournée Ragnarok , de nombreuses photos, ainsi que le clip Inis Mona qui pour moi aurait pu être entouré d'une ambiance autre que celle proposée par le clip. Je ne vois pas le rapport entre ce qu'on entend et ce qu'on voit, bref…
Slania est sans aucun doute mon album préféré du groupe actuellement. Le son est vraiment bien travaillé, les compos s'écoutent les unes à la suite des autres (je n'ai jamais envie de zapper une chanson), la diversité est toujours aussi présente et puis on sent vraiment que ces gens vivent à fond leur passion pour la musique. Si certains avaient des doutes sur le futur du groupe du fait d'être signé sur ce style de label, et bien il faut reconnaître que pour Eluvieitie je vois plus d'avantages que d'inconvénients, n'en déplaisent aux esprits sectaires. "Rien ne périt vraiment, de l'escargot au tournesol, des replis invisibles de la molécule d'ADN aux galaxies, tourbillonnant infiniment, le vie se déploie en spirale, car comme chaque chose décrit un cercle plus ou moins grand, tout est rafraîchit dans ses révolutions - Robert Kirk (The Secret Commonwealth) (par Thyl - Noz Pagan)
Le clip Inis Mona est visionnable ci-dessous. Le groupe part souvent d'un air traditionnel pour servir de base à ses compositions. Vous ne serez donc pas surpris de redécouvrir ici un air éminemment connu de tous les celtisants que nous sommes, c'est LE morceau traditionnel breton, beaucoup plus connu sous le titre Tri Martolod qu'avait notamment interprêté Alan Stivell ainsi que quelques années plus tard le groupe de rap Manau :
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire