mercredi 30 mars 2011

NOKTURNAL MORTUM "The Voice of Steel" (2009)

Avec "The voice of steel", on sent que Nokturnal Mortum n'a pas fini de nous faire rêver. Si depuis "Nechrist", la musique du groupe était clairement ancrée dans du metal païen où les flûtes, percussions et autres violons étaient prédominants, avec ce dernier album en date, les Ukrainiens reviennent un peu plus à leurs racines. Car ici, ce sont bien les guitares et claviers qui reprennent le dessus, à tel point que j'ai parfois l'impression de réentendre "Lunar Poetry". Pour mon plus grand plaisir, ils ne se sont pas enfermés dans la facilité qu'aurait constitué une répétition à l'infini des pourtant très efficaces "The taste of victory" et "Weltanschauung". Dans le fond ça n'aurait pas été déplaisant, loin de là, mais nous surprendre en réintégrant des éléments qu'on pensait ne jamais entendre à nouveau de leur part, c'est une prise de risque que j'apprécie. 

Ce qui est également rassurant, c'est que le groupe sait où il veut en venir avec ce retour aux sources. Il ne s'agit pas d'une lubie passagère ou d'une nostalgie éplorée, mais bien d'un travail poussé qui permet d'accoucher de compositions encore une fois totalement géniales. Ca faisait d'ailleurs bien longtemps que dans le genre black sympho (ce que cet album est majoritairement) je n'avais pas été ébloui, Nokturnal Mortum y sera parvenu. Alors nuançons tout de même mes propos au sujet de ce retour aux sources. Parce que l'ouverture de l'album est quand même foutrement identique au pagan metal des années récentes. L'intro reprend les mêmes cors de guerre que "Nechrist" et "Weltanschauung" et le premier vrai titre "Voice of steel" est totalement dans l'esprit flûte, tambourin et violon avec les guitares en arrière plan. Le titre est jouissif, comme ceux de "Welten", mais si on avait eu droit à un nouvel album entièrement de ce cru là, peut-être qu'une forme de lassitude n'aurait pas tardé à pointer le bout de son nez. Sauf que dès "Valkyrie", on met les pieds dans un univers totalement différent. Une musique qui invite au voyage et au rêve, où l'esprit s'envole vers les étoiles sans jamais que le soleil ne vienne nous brûler les ailes. Exit la lumière, loin, très loin de nous. La nuit est tombée, les corps sont fatigués et les astres dans le ciel nous appellent. Tout autour les feux de joie se sont éteints à leur tour rendant à la forêt tous ses mystères, tandis que l'hiver reprend également ses droits. surprenant pour du Nokturnal Mortum en 2009. 

"Valkyrie" est tout simplement énorme. Les guitares sont magnifiques, on y découvre des solos tout en douceur comme on n'aurait jamais pensé les voir nous en sortir. Quant aux claviers ils sont tellement bien travaillés que c'en est difficile de décrocher et leur mélodie reste un bon moment en tête. Malgré ses 11 minutes, ce titre passe à une vitesse hurissante, et quand je dis que ça a pris possession de toute mon attention et que j'avais des étoiles dans les yeux, je ne rigole pas. Ca invite vraiment au rêve. "By path of the sun", le très acoustique "Sky of saddened night" et surtout "Ukraine" remettent quelque peu les pieds sur terre avec des passages bien folk à base de violon et flûte, comme si quelques hommes se refusaient à succomber aux charmes de la nuit, charmes auxquels ils céderont pourtant rapidement dès les premiers assaut de guitares. Même sur ces titres aux relents folks encore vivaces, les guitares prennent plus de place notamment grâce à des solos assez incroyables pour du Nokturnal Mortum. 

Vous pourriez me trouver incohérent entre mon enthousiasme pour cette nouveauté de la part des Ukrainiens alors même que j'avais vomi sur cette intégration pour Watain. Sauf que là où je trouve que les Suédois en ont fait des tonnes, maquillant leur musique telle une fille de joie à 20 euros la pipe au bois de Boulogne (si, si, ça me donne ce sentiment), je suis totalement conquis par le travail des Ukrainiens dont les solos ne cherchent pas à nous en foutre plein la vue, mais qui en imposent simplement par l'efficacité de leur mélodie. Simple, efficace et naturel, voilà ce que j'aime. Et toute la magie se situe d'ailleurs ici, ces solos de grattes posent une atmosphère démente, d'un morceau à l'autre sans jamais faiblir un instant. Et quand ce ne sont pas eux qui viennent mettre leur grain de sel, ce sont les claviers qui débarquent pour maintenir à chaque instant la pression. Le couple qu'ils forment est extrêmement travaillé en une osmose parfaite, un dialogue permanent et cohérent. Ceci dit, la musique se calme parfois, elle n'est d'ailleurs que rarement frénétique. On a quelques passages rapides à la "Nechrist", mais le mid tempo est plutôt de mise, et quand ça ralenti encore, l'atmosphère s'installe d'autant plus. Clou du spectacle, "White tower", un titre tout en ambiance qui résume parfaitement mon ressentit. Il y a là de la magie, du rêve, c'est majestueux et triste à la fois. Imparable. Je ne pensais plus pouvoir être surpris par Varggoth, il aura encore su me faire mentir. Et pour ça, je le remercie. (Par Stephane, source : Guts of Darkness)

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